Sur les traces du dahu vigneron : voyage entre petites stations de ski et vignobles de montagne

Sur les traces du dahu vigneron : voyage entre petites stations de ski et vignobles de montagne

Sur les traces du dahu vigneron : voyage entre petites stations de ski et vignobles de montagne

Un mythe de montagne pour un voyage bien réel

Le dahu vigneron n’existe évidemment pas. Ou plutôt, il n’existe que dans l’imaginaire des montagnards qui aiment mélanger histoires de chasse à la lune, neige fraîche et verres de vin de pays. Pourtant, l’image fonctionne. Elle évoque parfaitement ce lien intime entre petites stations de ski et vignobles de montagne, entre virages sur neige froide et dégustations dans une cave voûtée.

Suivre les traces du « dahu vigneron », c’est partir à la découverte d’un tourisme différent. Plus lent, plus local, centré sur les terroirs d’altitude et les domaines skiables à taille humaine. Un voyage où l’on skie le matin dans des stations familiales, puis l’on partage l’après-ski autour d’un verre de vin de Savoie, du Bugey, du Valais, du Piémont ou d’Isère, au cœur même des vignobles de montagne.

Pourquoi associer ski et vignobles de montagne ?

À première vue, ski alpin et viticulture semblent appartenir à deux mondes distincts. L’un est lié aux sports de glisse, l’autre à l’agriculture et à la gastronomie. Pourtant, les massifs alpins et préalpins, comme les Pyrénées ou certaines zones du Massif central, montrent une autre réalité : la vigne et la neige cohabitent souvent à quelques kilomètres seulement.

Les raisons sont multiples :

  • Les versants ensoleillés, propices aux vignobles en terrasses, font face à des vallées plus fraîches où l’on aménage des pistes de ski.
  • Les anciens villages viticoles ont vu naître, plus haut, des stations de ski de moyenne altitude.
  • Le développement de l’œnotourisme en montagne accompagne désormais celui des petites stations, à la recherche d’une identité forte.
  • Pour le vacancier, cette proximité est une aubaine. Un même séjour peut combiner ski, visites de caves, marchés de producteurs et balades dans les vignes. Une forme de tourisme quatre saisons, même en plein hiver.

    Petites stations de ski : le choix de l’authenticité

    Face aux grands domaines reliés, les petites stations de ski de montagne jouent une autre carte : celle de la tranquillité et de la convivialité. Elles n’affichent pas des centaines de kilomètres de pistes, mais proposent souvent :

  • Une ambiance village, avec des hébergements à taille humaine.
  • Des forfaits de ski plus accessibles financièrement.
  • Des domaines adaptés aux familles, débutants et skieurs intermédiaires.
  • Une proximité immédiate avec la nature, souvent loin de la circulation et du béton.
  • Pour les amateurs de ski qui ne cherchent pas la performance à tout prix, ces petites stations représentent une alternative crédible. On y profite d’un ski plus contemplatif, avec des paysages préservés et un sentiment de dépaysement réel. Cette atmosphère se marie particulièrement bien avec la visite de vignobles de montagne, tout aussi intimistes.

    Les vignobles d’altitude : des terroirs de caractère

    Les vignobles de montagne ont longtemps été considérés comme difficiles à travailler. Pentes raides, parcelles minuscules, accès compliqués en hiver : la viticulture d’altitude est exigeante. Pourtant, elle donne naissance à des vins singuliers, marqués par leur terroir.

    En Savoie, en Vallée d’Aoste, dans le Valais suisse, mais aussi dans le Bugey, le Diois ou certaines vallées pyrénéennes, les vignerons cultivent des cépages parfois méconnus :

  • Mondeuse, Jacquère, Roussette ou Altesse en Savoie.
  • Cornalin, Petite Arvine et Humagne rouge en Valais.
  • Manseng, Tannat ou Courbu dans les contreforts pyrénéens.
  • La combinaison d’un climat montagnard et de fortes amplitudes thermiques donne des vins souvent frais, tendus, avec une belle acidité naturelle. Des bouteilles qui accompagnent parfaitement la cuisine de montagne : raclettes, fondues, diots, tartiflettes, polenta ou charcuteries fermières.

    Savoie et Haute-Savoie : ski familial et vins de montagne

    Les stations de moyenne altitude de Savoie et Haute-Savoie sont sans doute l’un des terrains de jeu les plus évidents pour marier ski et œnotourisme. À quelques kilomètres des télésièges, les coteaux viticoles dominent les lacs et les vallées.

    Parmi les combinaisons possibles :

  • Séjour au pied des Bauges, avec ski dans une petite station (Aillon-Margériaz, La Féclaz, Le Revard) et visites de caves autour de Chignin, Apremont ou Jongieux.
  • Vacances à proximité du lac d’Annecy, avec journées dans les stations familiales voisines et découvertes des vins de Savoie chez les vignerons des Balmes de Seyssel ou des rives du Rhône.
  • Séjours à la frontière suisse, combinant ski dans de petites stations du Chablais et dégustations de Crépy ou Marignan.
  • Dans ces régions, les vignerons ont compris l’intérêt de collaborer avec les acteurs du tourisme de montagne. De nombreuses caves proposent désormais :

  • Des dégustations commentées après le ski.
  • Des visites de chais adaptées aux familles.
  • Des accords mets-vins avec produits locaux de montagne.
  • Val d’Aoste, Valais, Piémont : l’art du ski-vin alpin

    De l’autre côté des frontières, l’Italie et la Suisse offrent un terrain d’exploration similaire. Le Val d’Aoste et le Valais, notamment, combinent domaines skiables de renom et vignobles escarpés, parfois spectaculaires.

    Il est possible, par exemple, de skier le matin dans une petite station panoramique, puis de descendre en vallée pour découvrir :

  • Les vins valdôtains, issus de terrasses impressionnantes accrochées aux flancs de montagne.
  • Les caves valaisannes, où les cépages autochtones côtoient les variétés internationales.
  • Les domaines piémontais d’altitude, moins connus que Barolo ou Barbaresco, mais tout aussi intéressants.
  • Cette approche transfrontalière attire de plus en plus de visiteurs. Certains voyagistes spécialisés créent des séjours sur mesure combinant forfaits de ski, visites de vignobles de montagne, nuitées en agritourisme et tables d’hôtes. Une façon différente de vivre les Alpes, loin des clichés.

    Pyrénées et Massif central : l’autre visage du ski et des vignobles

    Si les Alpes dominent souvent l’imaginaire lié au ski, les Pyrénées et le Massif central offrent aussi de belles opportunités pour mêler glisse et dégustation. Les contreforts pyrénéens, proches de l’Atlantique ou du piémont toulousain, abritent des vignobles où :

  • Les cépages locaux comme le Tannat se marient à merveille avec les plats roboratifs d’après-ski.
  • Les domaines proposent parfois des visites en hiver, au cœur de chais chaleureux.
  • Dans le Massif central, certains secteurs allient volcans enneigés, petites stations de ski et vignobles en renaissance. Un cadre idéal pour les voyageurs en quête de tourisme rural, de randonnées raquettes, de ski nordique et de vins de terroir encore peu médiatisés.

    Conseils pratiques pour un séjour entre ski et vignobles de montagne

    Pour ceux qui souhaitent se lancer sur les traces du dahu vigneron, quelques éléments pratiques méritent d’être anticipés :

  • Choisir des petites stations de ski proches de vallées viticoles, pour limiter les temps de trajet.
  • Prévoir des journées « off ski » consacrées à la visite de vignobles, surtout en cas de météo défavorable.
  • Réserver à l’avance les dégustations, notamment pendant les vacances scolaires, lorsque les caves sont très sollicitées.
  • Opter pour des hébergements qui valorisent les produits locaux : gîtes, chambres d’hôtes, hôtels de village.
  • Organiser les déplacements de manière responsable : navettes locales, covoiturage, transports en commun lorsque cela est possible.
  • Il est également pertinent de préparer un minimum son vocabulaire œnologique. Comprendre les cépages de montagne, les spécificités des AOC locales et les typicités de chaque vallée permet d’apprécier davantage chaque dégustation.

    Une autre façon de vivre l’après-ski

    Dans les grandes stations, l’après-ski rime souvent avec bars animés, shopping et terrasses en front de neige. Dans les vallées viticoles de montagne, l’ambiance est différente. Après une journée sur les pistes, on remonte le temps en franchissant le seuil d’une cave centenaire.

    Le froid extérieur laisse place à la douceur des chais, à la chaleur d’une salle voûtée, aux échanges directs avec le vigneron. On découvre les cuvées élevées à quelques kilomètres seulement des pistes, parfois sur des coteaux que l’on apercevait le matin depuis le télésiège.

    Cet après-ski alternatif séduit une clientèle de plus en plus large :

  • Skieurs curieux de mieux comprendre le territoire qu’ils traversent.
  • Amateurs de vins souhaitant relier terroir, paysage et verre.
  • Familles en quête d’activités calmes après la glisse.
  • Le vin de montagne devient alors bien plus qu’une boisson. Il raconte l’histoire d’une vallée, d’un climat, d’un savoir-faire transmis sur plusieurs générations.

    Vers un tourisme de montagne plus durable

    L’association des petites stations de ski et des vignobles de montagne s’inscrit aussi dans une réflexion plus large sur l’avenir du tourisme en altitude. Face aux enjeux climatiques et à la fragilité de l’enneigement, de nombreux territoires cherchent à diversifier leurs offres.

    Les vignobles d’altitude, les producteurs locaux, les artisans, les hébergements indépendants jouent un rôle central dans cette évolution. Ensemble, ils construisent un modèle touristique moins dépendant de la seule neige, plus ancré dans le tissu local. Pour le visiteur, cela se traduit par :

  • Des séjours plus riches en expériences, au-delà du simple ski alpin.
  • Une meilleure répartition des dépenses au profit du tissu économique local.
  • Une relation plus directe avec les habitants, leurs métiers et leurs paysages.
  • Suivre les traces du dahu vigneron, c’est finalement accepter cette invitation à ralentir. Prendre le temps de savourer autant la descente d’une piste bordée de sapins que le bouquet d’un vin blanc de montagne. S’intéresser autant au profil d’un versant enneigé qu’à celui d’un coteau viticole. Et découvrir que la montagne ne se résume ni à ses sommets ni à ses domaines skiables, mais à l’ensemble de ses vallées, de ses vignes et de ses villages vivants toute l’année.